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Chez-nous c' est comme ça, la vie tout simplement

Un blog de tous les jours pour vous aider à regarder ce que vous ne voyez peut-être plus !

Chez-nous c' est comme ça, la vie tout simplement

Steff dans le journal " le devoir" ce matin ;o)

Quel beau réveil ,

Un si beau reportage de Stéphanie dans le journal " Le devoir " ce matin .

On y parle de nos régions , de ses besoins criants et de elle aussi .

Je vous laisse lire la suite .

Steff dans le journal " le devoir"  ce matin ;o)

Rallumer la fierté

28 mai 2016 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Actualités culturelles

La dévitalisation de petites communautés régionales est un problème bien réel. Et les maux sont connus : absence de travail, détérioration des services de proximité, exode des jeunes, etc. Et la solution passe inévitablement par une revitalisation économique de la communauté.

Mais avant de réunir les conditions objectives nécessaires à cette relance économique, y a-t-il moyen quand même d’agir ? L’artiste Stéphanie Pelletier, directrice générale et artistique de la compagnie Exil, située à Métis-sur-Mer, croit que oui. « Il est possible de travailler à stimuler la fierté régionale et le sentiment d’appartenance à son milieu. C’est à mon avis un préalable à tout projet de revitalisation d’une communauté. » D’ailleurs, dans le cadre du 29e Colloque du réseau Les Arts et la Ville, Stéphanie Pelletier animera à ce sujet un atelier poétiquement intitulé Les « rallumeurs » de fierté.

L’artiste

Native de Sept-Îles, Stéphanie Pelletier a grandi à Métis-sur-Mer, qu’elle quittera pour poursuivre son parcours universitaire en études littéraires à Montréal. Diplôme en poche, elle retourne à Métis-sur-Mer afin d’y pratiquer le métier d’écrivaine. Son premier recueil de nouvelles, Quand les guêpes se taisent (Leméac), remporte en 2013 le prix du Gouverneur général. Un premier roman, Dagaz, est publié en 2014, toujours chez Leméac.

« Bien que cela fasse de moi une femme de lettres, je suis aussi une fille de scène, en quelque sorte une showgirl. J’ai toujours aimé le théâtre, que j’ai pratiqué et étudié avant mes études universitaires. » Cette passion pour la scène l’amène à remonter sur les planches dans des soirées de lectures littéraires. « Il y a dans ma région une réelle effervescence en création littéraire, en particulier tout ce qui touche à la création littéraire sur scène, comme le slam, par exemple, ou le spectacle littéraire. » Son implication dans le domaine du spectacle littéraire la conduit à faire une résidence au Théâtre du Bic, où elle crée un premier spectacle solo, Le cul dans la fraîcheur du temps qui s’écoule.

Le spectacle littéraire

La compagnie qu’elle dirige aujourd’hui, Exil, se consacre au spectacle littéraire. « Le but que l’on s’est fixé est de professionnaliser le spectacle littéraire sur scène. » Contrairement aux lectures littéraires ou autres formes de création littéraire sur scène, le spectacle littéraire emprunte certains de ses attributs au théâtre. « Dans une soirée littéraire, les écrivains et écrivaines montent sur scène lire leurs textes. Par contre, dans le spectacle littéraire, les écrivains et écrivaines montent sur les planches interpréter leurs textes, un peu à la manière d’un comédien qui interprète le texte d’un auteur. De plus, les textes interprétés sont mis en valeur par certains éléments théâtraux, comme la mise en scène, la scénographie et l’éclairage. » En combinant ainsi la littérature et le théâtre, on obtient donc une manifestation artistique scénique plus spectaculaire, plus susceptible de passer la rampe d’une part auprès d’un plus large public, et d’autre part auprès d’un public que la simple lecture d’un texte pourrait rebuter.

Le projet

Cette proposition artistique, soit le spectacle littéraire, combinée avec sa collaboration avec le Théâtre du Bic, mène aujourd’hui Stéphanie Pelletier à travailler sur un nouveau spectacle littéraire collectif dont le thème est justement la fierté régionale et le sentiment d’appartenance à son milieu.

« La fierté régionale et le sentiment d’appartenance dans un milieu dévitalisé sont souvent victimes de l’oubli et de l’absence. Dans un premier temps, notre démarche dans l’élaboration de ce spectacle littéraire collectif a été d’aller sur le terrain, de tendre la main aux personnes et de leur donner la chance de prendre la parole quant à leur territoire. »

Les premiers à avoir été rencontrés sont les étudiants du secondaire. « Nous ne sommes pas allés à leur rencontre en leur disant comment c’est beau d’être en région. On leur a plutôt demandé ce que c’était pour eux que de vivre en région. Et surtout, ce qu’ils manqueraient s’ils devaient quitter la région. Et c’est incroyable ce que les jeunes ont répondu à cette dernière question. Les regrets exprimés s’ils devaient quitter la région traduisaient tout ce qui les attache à leur région. Ils ne manquaient pas de trucs positifs à évoquer à propos de leur coin de pays. » Le même exercice a été répété auprès de divers citoyens avec les mêmes résultats. « Cela nous a permis de réaliser que la fierté régionale et le sentiment d’appartenance étaient bien présents, mais que ces derniers sommeillaient. Et il faut parfois seulement qu’une étincelle pour les réveiller, par exemple, en leur donnant la parole et l’occasion d’en discuter. Quand on peut parler de quelque chose, cela permet de fixer le sentiment. »

Le spectacle collectif sur lequel travaille présentement Stéphanie Pelletier sera l’occasion de mettre en scène cette parole citoyenne. « Tous les textes que nos auteurs vont écrire seront basés sur les témoignages que nous avons recueillis auprès des personnes rencontrées. »Une fois fin prêt, le spectacle collectif prendra l’affiche au Théâtre du Bic. Et après ? « Si le financement est au rendez-vous, nous envisageons une tournée dans la région. Et nous ne rechignons pas à l’idée de présenter le spectacle dans les sous-sols d’églises, même si cela a déjà été fait, il y a une vingtaine d’années, comme l’ont fait alors Les gens d’en bas. Pour certains, cela peut paraître comme une répétition, mais pour nous, il s’agit plutôt d’un nouveau commencement et d’une occasion emballante de raviver la fierté régionale et le sentiment d’appartenance. »

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