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Chez-nous c' est comme ça, la vie tout simplement

Un blog de tous les jours pour vous aider à regarder ce que vous ne voyez peut-être plus !

Chez-nous c' est comme ça, la vie tout simplement

La chasse cette hantise.

La chasse cette hantise.

Comme le dit si bien le titre je suis hantée par la chasse .

C' est viscérale depuis mon enfance je n' aime pas la chasse , je n' aime pas les carabines , il n' y a pas vraiment d'explication juste un senti intérieur qui me ramène vers l' animal , petite j' avais cette attirance, cette empathie naturelle qui me faisait les comprendre , les aimer , je ne suis pas dans une catégorie à part je suis juste comme ça , je n' ai jamais eu peur des insectes bien au contraire , je ne tue pas les araignées elles ne m' ont jamais rien faites , lorsque j' en regarde une sur mon plancher qui essaie de se sauver je vois bien qu' elle a plus peur de moi que moi d'elle , je prends un kleenex et la dépose dehors , lorsque je demande aux gens pourquoi ils tuent les insectes souvent on me répond .

" Ça me fait peur, c' est laid " On ne tue pas parce que c' est laid , on essaie de comprendre de s' arrêter , les gens on cette si mauvaise habitude de se débarrasser de ce qui les dérange sans même se poser de question sur le pourquoi de leur attitude .

Petite je jouais avec les couleuvres , elles sont froides c' est vrai, mais si douces et sans défense , je soulevais les planches bien cordées dans la cour pour découvrir des petites familles qui se vautraient l'une dans l' autre j' en prenais une au hasard et la laissait glisser entre mes doigts sans brusquerie , elle se laissait faire je la redonnais à sa mère , je courais après les poules dans le poulailler ( Je devais avoir 4 ou 5 ans ) parce que j' aimais leur plumage , un gros coq me sautait sur le dos à chaque fois , j' avais le dos tout picoché ma mère me disputait mon père aussi , ça faisait mal mais je retournais toujours dans le poulailler , si je réussissais à l' attraper je sautais la clôture au plus vite ma poule sous le bras ( Elle ne se débattait même pas ) et j' allais m' asseoir pour la caresser cachée par les herbes folles dans un coin à l'abri des regards .

Je me souviens d'un grand héron que mon père tentait de soigner il était blessé à une aile , il avait fabriqué une énorme cage qu'il avait déposé au-dessus d'une rivière , l' immense oiseau pouvait se nourrir des poissons qui passaient à sa portée ( la cage n' avait pas de fond ) on le nourrissait aussi , à tous les jours j' allais lui parler pour le rassurer et lui dire qu'un jour il quitterait cet habitat temporaire , je pouvais rester longtemps avec lui je le trouvais si beau si majestueux , un jour mon père l' a laissé s'envoler , quelques jours plus tard il a été abattu par un oncle qui savait très bien que ce héron avait été sauvé par mon père , de la malfaisance ? Je crois que c' est à ce moment que le doute s'est installé , comment l'être humain peut-il tuer sans raison ? Je ne comprenais pas , ce héron n' aurait jamais fait de mal à personne , je me souviens de la colère de mon père et le désarroi de ma mère , moi j' ai pleuré longtemps ,

J' allais au bord de la rivière pour regarder le ciel et l' absence de l'oiseau .

J' ai souvenir de ma grand-mère qui cherchait un bébé chat ( La chatte avait eu une portée de mignons chatons ) il devait avoir 5 mois environ , le soir avant la pénombre une boîte avait été déposée dans la cour de sa maison ( nous habitions le deuxième étage ) dans la boîte le petit chaton mort ébouillanté , massacré , j' ai pleuré .

À un autre moment de mon enfance mes parents s' étaient procurés un petit chien qui portait le nom de Ti-Jack , un tit toutou gentil et excité qui tournait sur lui-même si on le lui demandait , quelques temps après son arrivée Ti-Jack devenait de plus en plus agressif face aux étrangers ( Jamais avec nous ) j' aimais le serrer dans mes bras il était si petit , un jour il a mordu le talon du facteur ses dents bien plantées dans sa chair, je ne me souviens pas de l' attitude du facteur , ti-Jack lui devenait de plus en plus agressif , voulant savoir s'il souffrait mon père l'avait placé sur ses genoux pour mieux l' examiner , il trouva à travers sa fourrure des plaies , on garochait des roches à notre chien qui ne sortait jamais de la cour jamais , il fallait donc qu'on s' approche de la maison pour accomplir son méfait , mon père pris sur le fait les malfaisants ,ce n' était même pas des enfants mais des garçons assez âgés pour comprendre le mal qu'ils faisaient , mais le mal était fait Ti-Jack ne supportait plus qu' aucun étranger n' approche de la maison, par hasard j' avais entendu mes parents chuchoter qu'ils n' avaient plus le choix qu'il fallait se débarrasser de Ti-Jack devenu trop dangereux, ce soir là je me suis couchée le coeur si serré , alors Ti-Jack disparu de nos vies , mon père nous avait rassuré nous affirmant qu' il l' avait donné à quelqu' un qui saurait s' en occuper, un avant-midi d' un printemps ensoleillé je suis allée jouer dans les bois de l'autre côté de la rue , il y avait une magnifique petite rivière très petite rivière , je la longeais lorsque j' aperçu un petit chien dans l' eau mort d'une balle dans la tête c' était le petit collier ou foulard rouge qui avait attiré mon attention c' était bien Ti-Jack ma peine fût insondable , je courais partout en pleurant , je comprenais mon père qui ne voulait pas nous faire de peine , mais là maintenant je souffrais , le chien avait descendu la rivière à la fonte des neiges , la rivière gonflée l' avait agrippée et traînée avec elle dans sa descente , chose que mon père n' avait pas prévu , cette vision me hanta longtemps . je devais avoir sept ans . je déteste les carabines .

Une autre fois ( un autre Jack ) notre grand labrador noir que j' allais caresser tous les jours , que j' aimais profondément je l' avais trouvé mort empoisonné un matin avant de partir pour l' école , il était étendu sur le côté dans la neige les yeux grands ouverts , un choc pour moi ,je suis entrée dans la maison en pleurant mes parents ne comprenaient pas ," Jack, Jack est mort " Mon père s' était précipité dehors , Jack un grand Labrador doux qui habitait dans un immense enclos que mon père lui avait fabriqué collé à une niche plus grande que nature dans laquelle nous pouvions entrer sans se pencher , Jack .......... Mon père a découvert dans sa nourriture de petites billes bleus , une sorte de produit qu' on étendait sur les planchers à l' époque pour enlever les odeurs et qu'on balayait par la suite , un poison dangereux , ma colère contre l'humain sans coeur augmentait , j' avais dix ans . Cette journée là à l' école ma professeure ne cessait de me ramener dans la réalité , la tête ailleurs,le coeur dans l'eau Jack refusait de quitter mes pensées .

Nous habitions dans une petite ville en colonisation , un jour j'entendis à la radio qu`il y avait des malfaisants dans notre ville qui maltraitaient les animaux inutilement sans raison , j' étais soulagée , enfin on savait !

Mon père était un ancien combattant des armées canadiennes , le fusil n' avait pas de secret pour lui, il aimait la chasse il était un excellent tireur , jamais il ne laissait une de ses carabines à la vue de ses enfants . À l' âge de dix ans il avait vécu un drame qui l' a suivi toute sa vie , ses frères plus âgés avaient laissé traîné une carabine dans un coin de la maison ,mon père ne sachant pas qu'elle était chargée visa son petit frère qui pleurait pour l' amuser le coup parti son frère en mourut . Cette journée là sur la grève ses frères avaient essayé de s' en servir sans succès mon père les accompagnait , une balle était coincée à l'intérieur ses frères ne lui avait pas dit , la balle trop humide refusait de partir , la carabine a séché le drame s'est produit .

Je crois que le refus de son père de lui pardonner ( car c' était un accident dont il portait la responsabilité et non ses frères ) l' avait toujours beaucoup marqué , il avait disparu trois jours dans les bois en ce temps-là .J'haïs les carabines .

J' achalais souvent mon père pour aller marcher avec lui dans les sentiers enneigés il finit par accepter , je ne savais pas trop à quoi m' attendre , je le vis s' accroupir et ramasser quelque chose par terre un magnifique lièvre blanc , toute excitée je m' approchai pour le voir , le lièvre n' était pas mort il a dû l' achever j' ai eu le temps de le voir bouger, gigoter dans le collet de fer trop serré , il accrocha le tas de fourrure blanche sur sa hanche droite la tête en bas je le voyais bouger à chaque pas qu'il faisait , je refoulais mes larmes je venais d' arriver dans la réalité cruelle de la chasse au collet .

Vers la fin d' un été il fallait faire boucherie, on devait tuer le cochon , je ne voulais absolument pas assister à cette mort . Ce jour-là je me suis cachée quelque part loin de la maison, au la-bas dans les grands foins j' ai entendu le cochon hurler, pleurer , crier, on le saignait ( On a plus le droit de faire ça de nos jours ) on plantait un couteau dans la jugulaire laissant son sang s' écouler , il mourait lentement dans la souffrance. Plus tard je suis sortie de ma cachette, plus de bruit le silence , je fût saisi par la vision de cochon accroché la tête en bas une chaudière de sang sous lui , dans la maison j' ai pleuré, encore aujourd'hui je déteste cette vision .

Mon grand-père lorsqu'il tuait ses poules ne se préoccupait pas de savoir si les enfants aux alentours étaient présents , un moment donné je le vis placer la poule sur une bûche , prendre sa hache et lui couper le cou , la poule pas de tête courait partout sur le terrain , j' étais tellement effrayée , je suis entrée dans la maison en courant ma mère était fâchée contre grand-père , lui n' en fit pas de cas " Il faut qu'ils s' endurcissent " Avait-il dit , dans mon cas ce fût le contraire ...

Nous vivions dans les débuts de la colonisation de notre ville , tout était permis , la vie était si différente , tout était normal et ce faisait de cette façon , mais moi j' étais incapable de le voir comme ça , j' aimais trop les animaux ...

Depuis mon enfance ,

Je n' aime pas la chasse , je me suis toujours demandée comment on pouvait regarder de si beaux animaux et tirer dessus sans arrière-pensée , comment peut-on les admirer dans une saison et les tuer dans l' autre , je ne sais pas , il n'y a pas de réponse , on parle de la chasse sportive , ça n' existe pas la chasse sportive , tuer n' est pas un sport , ce qui me chicote c' est la préparation d' avant , on les attire hors saison de toutes les façons possible, on essai de les apprivoiser de les mettre en confiance leurs faisant croire que l' humain leur veut du bien en les nourrissant , en leur procurant ce qu'ils aiment et l' automne venu on leur tire dessus , je trouve ce procédé déloyal et fourbe je m'excuse auprès des chasseurs , la vraie chasse devrait se faire autrement sans artifice rien ( Même si je désapprouve la chasse ) Au moins la faire en toute loyautée dépourvue comme les animaux qui eux n'ont que leurs pattes pour se sauver et leur peur pour les motiver à s' éloigner de l'humain en qui ils avaient placés leur confiance qui eux les trahissent avec leur carabine bien chargée .

Après on viendra me dire qu'un chat c' est hypocrite , le chat chasse avec ses capacités sans carabine.

C' est viscérale ,

Mon coeur se serre , l' an passé voulant faire ma brave j' ai décidé de préparer le coeur de l'orignal , je vis dans une région ou la chasse est très active , J.P est un chasseur, ils sont un groupe qui se rencontre à tous les automnes , des repas sont organisés les fins de semaine de chasse , un charmant groupe sympatrique et jovial avec lesquels j' ai beaucoup de plaisir , ils ont une règle d' or , le premier orignal tué sera le seul de la saison , il y en a assez pour tout le monde , inutile d' en tuer plus , je les admire pour cette belle décision . Il y a la soirée du coeur et du foi , l' an passé j' avais décidé que c' était mon tour puisque celui qui avait tué c'était Jean-Pierre , lorsque j' ai pris le coeur pour le farcir de grosses larmes roulaient sur mes joues , je ne pouvais les empêcher de couler , je sentais presque le coeur battre entre mes mains , des images se sont imposées dans ma tête , je voyais l' animal courir dans les bois libre et serein , je le voyais aimer la vie , c' était comme si son coeur me parlait " Pourquoi me tuer ? J' avais confiance ! " Les larmes continuaient de couler , un autre soir nous sommes allés souper ailleurs , la conversation tournait autour de la façon de tuer l' animal ( Un autre tuer à l' arbalète pas celui de Jean-Pierre ) Mon coeur se gonflait à chaque minute , tout à coup une douleur dans la poitrine , je suis sortie de table des larmes plein les joues , j' ai enfilé mon manteau et mes bottes et je suis partie en m' excusant , trop de détails tout à fait inutile lors d'un souper. Plus tard ils ont organisé un autre souper " D'amour " Ont-ils précisés aucune allusion sur la chasse, je leur en étais reconnaissante mais je ne suis plus à l' aise avec ces rencontres car je suis la seule qui n' aime pas la chasse , il faut que je les respecte , il faut que je me respecte , j' ai cette impression de briser l' atmosphère de cette chasse d' automne traditionnelle et conviviale , je ne veux pas juger , je ne veux pas être jugée , ils sont comme ça, je suis comme ça , je ne veux pas chercher à comprendre il n' y a pas de réponses , je ne veux pas qu'on cherche à me comprendre , Il n' y a pas de réponse , je n' aime pas la chasse , je n' aime pas les carabines , j' aime les animaux , j' ai sauvé sept chats d'une mort certaine abandonnés par des humains inhumains , je sauve des oiseaux quand je le peux , la terre a perdu la moitié de ses animaux sauvages depuis cent ans , pourquoi ?

Pourquoi était-ce moi qui trouvait et voyait tout ?

Ma mémoire n' a rien oublié à quelques détails près !

J' arrive du Maine Bar-Harbor plus précisément , près de notre chalet tous les matins des chevreuils venaient s' y pavaner, des petits et leur mère , un magnifique mâle . moi et Stéphanie étions en extase devant ces belles bêtes qui nous regardaient à travers les grandes fenêtres , on en a compté jusqu' à sept certain matin , je suis persuadée maintenant que je n' aime vraiment pas la chasse , comme si on avait placé ce signe sur ma route pour m' en convaincre un peu plus !

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