Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J'écris une histoire une page à la fois au gré de ma liberté . Ce sera l'histoire d'une femme vivant seule pour l' instant . Je ne suis pas une écrivaine je le fais pour mon plaisir . Je n' ai aucune notion de l'écriture , j'invente au fur et à mesure de ma fantaisie .

Ça commence comme ça !

Il était une fois « Une femme » ( 1 )

Il était une fois « Une femme »

Une femme ,

Sans âge.

Un jour elle pouvait avoir vingt ans, le lendemain soixante.

Elle vivait seule ou presque.

Elle avait beaucoup voyagé, ses souvenirs s’entrechoquaient dans sa tête, son regard se perdait au fond de sa forêt celle qu’elle avait choisi.

Pourquoi ?

Pour le silence . Celui du lac, de l’outarde qui s’abat, des araignées qui patinent sur l’eau, des libellules transparentes qui dansent autour de ses doigts, des criquets qui chantent au mois d’août.

Elle vivait seule . Elle avait côtoyé tant de gens , bavarder avec tant d’ autres , elle avait vu ,entendu , écouté , elle avait perdu la foi , la foi en l’ humanité .

Elle le croyait.

Elle ne vivait pas dans une cabane au fond des bois, pour elle ce n’était pas le bon choix, ce n’était pas nécessaire. Elle avait amassé assez d’argent pour se plaire dans le confort d’une belle maison . Sa maison solaire branchée sur la source au pied d’une montagne . Elle l’ avait fait construire par d’ autres n’ ayant pas les connaissances ni la force qu’il fallait pour s’ embarquer dans pareille aventure. Des aventures elle en avait connu ,des belles, des drôles ,des injustes .

Elle avait dessiné ses plans. Des fenêtres tournées vers le sud, une galerie large d’ où on ne devine ni le commencement ni la fin . Elle savait qu’en s’assoyant côté ouest le lac miroiterait sous la lumière des soirs de pleine lune, que vers l’est des chênes majestueux la protégerait des regards trop curieux, que vers le nord le flanc de la montagne de roches lui couperait le vent malin . Elle aimait flâner sur cette galerie , siroter son café dans la grande chaise de bois qu’ un vieil homme rencontré au hasard d’ un de ses nombreux voyages lui avait offert en guise de reconnaissance .

...

Le vieil homme avait deviné combien elle y était bien assise au milieu de la grande cuisine à le regarder sourire. Il avait cru en elle, son chien Bandit malade la suppliait de ses yeux tristes de lui donner une chance. Avait-il deviné ? Sentait-il qu’elle pouvait l’aider.

Sans un mot doucement sans brusquerie elle s’extirpa non sans regret de la grande chaise demandant au vieil homme un petit panier . Elle jeta un regard bienveillant vers le vieillard et son chien , sortit de la maison et disparue dans la forêt.

Elle revint quelques heures plus tard le panier rempli ras-bord de feuilles et de fruits sous l’œil perplexe du vieil homme confiant qui savait au plus profond de lui que cette femme si particulière ne passerait pas dans sa vie sans y laisser quelque héritage de ses ancêtres . Il la trouvait belle , mystérieuse ." Mais quelle âge pouvait-elle bien avoir " Il ne le saura sans doute jamais.

Elle lui demanda un récipient assez épais de préférence, démêla les herbes . Il était évident que ce n’était pas la première fois qu’elle répétait ces gestes. Ses longs doigts fragiles déshabillaient rapidement les petites branches avec tant d’adresse . Le vieil homme ne pouvait détacher ses yeux de ces gracieuses mains si habiles.

Elle se savait surveillé et en ressentit quelques plaisir . Il y avait longtemps si longtemps que sa vraie nature ne se reflétait plus dans ses gestes naturels dépourvus d’orgueil . Sa vie l’avait entraîné vers des cités sans âmes, des moments sans passion, des peines insondables, et voilà que ce vieil homme lui redonnait enfin l’espoir. Elle réalisa que sa vie n’était pas celle qu’elle aurait dû choisir . C’est à cet instant d’éternité qu’elle devait sa décision.

Le feu allumé les herbes bouillaient dans l’âtre . Le chien faiblissait, le vieil homme avait si peur, il ne voulait pas perdre son compagnon, sa raison de vivre, dans sa tête les mots dansaient.

" Sauvez-le je vous en prie ."

Elle versa sa mixture dans un tamis prenant soin de bien écraser les herbes si bien qu’il n’y resta qu’un peu de bouilli verte et visqueuse.

Le chien ne bougeait plus, le vieil homme versa une larme.

Elle s’approcha de Bandit muni d’une poire à cuisiner, plongea le long tube dans cette sorte de liquide plus brun que vert.

-- Aidez-moi à le retourner sur le dos " avait-elle dit au vieil homme" Les quatre fers en l’air le chien mou comme la guenille gémissait à peine. Elle lui fit avaler le liquide.

Trente minutes plus tard Bandit commença à vomir, une motte noire sortie de son estomac, du poil . Il avait probablement avalé une bête morte depuis longtemps et cette fois-ci il aurait pu y rester.

Quelques heures plus tard Bandit dormait près du feu au pied de son maître . Une larme coulait sur la joue du vieil homme , une larme de joie.

Peu de mots furent prononcer, ils étaient si inutiles.

Il était temps de partir.

Deux baisés retentissant, une main sur son épaule demeurèrent pour elle la plus belle des récompenses. Bandit souleva la tête un éclat de reconnaissance brilla dans ses yeux.

Jamais elle n’oubliera que grâce à son camion crachotant ses dernières gouttes d’essence elle vivrait le plus beau tournant de sa vie.

Il déposa la grande chaise à l’arrière dans la boîte du camion la gratifiant d’un clin d’œil complice, serra sa main une dernière fois.

" Je ne le verrai plus " pensa-t-elle.

Ce soir assise dans la grande chaise de bois ils sont deux . Elle sirote son café, il est parti pour toujours elle sent sa présence . Bandit à ses pieds la regarde tendrement . Elle était retournée voir le vieil homme.

Elle ne vit pas tout à fait seule.

Tag(s) : #Histoire inventée ...

Partager cet article

Repost 0