Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mayana se ressaisit, elle s’était jurée que plus jamais le passé ne reviendrait la hanter.

- Il faut aller de l’avant, se dit-elle, il ne sert à rien de pleurer sur ce qui n’existe plus .De nature plutôt sereine elle en est maintenant à l’étape de la découverte, de la continuité, le seul passé dont il vaille la peine de s’occuper est celui de ses ancêtres.

Elle regarde la lettre !

...

Bonjour Mayana mon enfant,

Je ne sais pas dans quel pays tu es aujourd’hui, je ne sais pas ou tes pas te conduisent, je sais que je m’ennuie. Tu sais au-delà des étoiles d’autres vies scintillent, bientôt je serai une de ces vies. Ton besoin d’espace t’a éloigné de moi, pourtant ici l’espace est sans fin mais il ne suffisait plus à combler ta soif de vivre, je l’avais deviné alors que tu étais bien jeune, je savais qu’un jour je serais séparée de toi dans le physique, je savais aussi que ton cœur ne me quitterait jamais.

Je t’ai laissé un héritage dans une grotte il te faudra le découvrir, qu’importe la grotte tu te dois d' ouvrir ton esprit sur l’immensité de tes connaissances, je te guiderai si ton désir est tel.

J’aurais tellement aimé te revoir avant mon éternité mais l’esprit en a décidé autrement. Une seule pensée doit te guider, celle de ne jamais regretter , ne regrette pas tes choix ils sont l’essence même de ton existence . Les choix que nous faisons apportent une dimension différente de ceux qui nous sont imposés. Ils sont notre moi, tu as suivi tes rêves, tu as vécu tes expériences, si tu en as retiré des avantages c’est que c’ était bon pour toi , si tu en as retiré que de l’ amertume alors il te faudra continuer tu n’ auras pas encore trouvé ce qui te lie à cette terre. Ta quête dépendra de ton vouloir de ton ouverture , il est plus facile de se fermer et d’ attendre, de pleurer plutôt que de sourire , alors pleure , mais pas trop longtemps car le temps passe vite. Pleure tout ton saoul ,lorsque tu auras essuyé tes larmes regarde autour de toi , la terre sera plus brillante , les gens seront plus beaux , les animaux t’ aimeront , la nature s’épanouira devant toi . Sois joyeuse , sois heureuse , sinon à quoi bon rester sur terre si ce n’ est que pour pleurer . Tu ne mérites pas ta vie si tu ne te sers que de sa lourdeur , choisie sa légèreté ,on a tous le choix tu sais . N’oublie jamais l’esprit de tes ancêtres, ne me regrette pas je suis toujours là, l’amour n’a pas de fin il se colle à l’âme pour ne jamais la quitter.

Je suis collée sur ton âme, je suivrai ta route au-delà de ma lumière…

Je t’aime Mayana petite fleur.

Ta grand-mère Adahy .

- Adahy , répéta Mayana ( Vie dans les bois ) en Amérindien .

Tu sais Bandit « Dit-elle tout haut » cette lettre je l’ai reçu quelques mois après mon arrivée, elle c’était perdue dans les dédales de mes déplacements, sans le savoir j’avais choisi le terrain pour sa grotte et sa beauté, j’avais fait les choix de grand-mère, c’est elle qui m’a guidé je le sais . La date de son décès correspond avec le choix de m’arrêter. Merci grand-mère moi aussi je t’aime comme tu me manques , je sais ce que tu veux et je vais suivre notre route,

Bandit le nez en l’air la queue branlante approuve ses commentaires, il veut lui prouver qu’elle est pour lui beaucoup plus qu’un biscuit, elle est sa compagne, sa sauveuse il l’aime plus que tout. Il sort la langue , elle fronce les sourcils et sort de sa poche un vrai biscuit.

- Wouaf,wouaf , que je suis heureux .

J’ai cherché dans la grotte, un pressentiment m’habite, son héritage se trouve bien au-delà du visuel, ce n’est pas un objet ni une écriture, je n’ai pas encore trouvé je suis près du but je le sens.

Mayana avance lentement vers la petite rivière tout près de la grotte, retire le djembé de son étui. Les deux pieds dans l’ eau claire et tiède , l’ instrument appuyé sur une roche elle s’ assoit et joue. le tam-tam retentit dans la grande forêt . Les yeux fermés elle écoute ses ancêtres lui parler, elle entend leur voix dans la rivière, dans les feuilles des arbres ,dans les grenouilles qui croassent . Elle entre en transe, oublie le temps ,elle joue et joue , grand-mère avait raison, c’ est ici ma vie . Elle se laisse bercer par la douce mélodie du vent dans les arbres, la lumière caresse ses joues ,elle voudrait saisir à pleine main cet instant si précieux .Elle sait maintenant que la paix l’habite à tout jamais.

Elle ouvre les yeux.

-- Allez Bandit il faut repartir la pénombre approche et il est plus de dix-neuf heures.

Elle se penche pour ramasser ses affaires, chantonne joyeusement s' élance en sautillant sur le sentier comme une petite fille Bandit sur ses talons.

-- Arrête Bandit, ça bouge à travers les arbres, arrête que je te dis ! Elle s’accroupit pour mieux regarder.

- Mais qu’est-ce que c’est ?

Elle entrevoit de la couleur, des plumes, de la fumée, elle s’approche doucement sans faire de bruit.

- Relève-toi, je sais que tu es là !

Une voix grave, forte sans hésitation aucune.

Un peu rouge et confuse elle se relève. Bandit ne sait pas s' il doit japper. Le menaçant de son long doigt l’homme le fixe en lui disant de ne même pas y songer . Bandit se cache derrière Mayana presqu’ en tremblant . Il éclate d’un grand rire contagieux .

--  tu ne l’as pas emmené avec toi pour te protéger j’espère, car ma fille tu es dans le trouble, il rit de plus belle. Vexé Bandit se place devant Mayana .

-- Trop tard mon vieux, lui lance l’homme, maintenant je sais que tu as plus peur que moi . Bandit se couche penaud.

-- Je vois dans ton regard que tu te demandes qui je suis, ce que je fais ici, je sais ce sont tes terres, j’y viens depuis tant d’années je ne croyais pas qu’un jour elles seraient vendues . Je crois que c’est un bon choix lui dit ’il en souriant de toutes ses dents.  Allons faisons la paix, je t’invite à souper.

Mayana n’avait pas prononcé un seul mot !

Elle éclate de rire à son tour.

-- La paix ? Je ne savais pas que nous étions en guerre.

-- Je parlais à ton chien pour la paix, toi je t’invite à souper. Elle ne pouvait décliner une telle invitation, ce personnage l’intriguait. Il lui tend une gamelle en bois rempli d’un potage un peu douteux.

-- C’ est délicieux , s' exclame t' elle .

--Tu en doutais j’en suis certain.

-- Un peu, dit-elle en baissant le nez sur son potage.

--Et toi le chien tu en veux ? Maintenant que ta maÎtresse a goûté à mon repas douteux tu ne peux refuser ce serait me faire un affront !

Bandit un peu courbé s’avance vers l’homme qui lui caresse la tête fortement sans ménagement, Bandit est content il est certain d' avoir trouvé un nouvel ami .

- Tiens mange gros peureux ça va te donner du courage , il ricane encore .

- Bandit, c’est son nom.

- Quoi , Bandit ? Ha,ha,ha !  jamais je ne l’ aurais cru , Bandit dit-il en se grattant la tête .

Tag(s) : #Histoire inventée ...

Partager cet article

Repost 0