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Assise sur la galerie dans sa grande chaise en bois , pensive Mayana ressassait dans sa tête cette étrange rencontre.

- Edward ! Pourquoi Ludovick lui avait-il donné ce prénom, Edward .

-Probablement que sa femme est de nationalité Anglaise, elle ne voit aucune autre explication.

Mayana perd le fil du temps, des images s’imposent, elle revoit cette rencontre qu’elle n’a jamais oubliée.

Mayana refuse de s’arrêter sur le passé, elle ne veut pas donner la chance à son esprit de vagabonder, si elle est venue habiter ici c’ est pour oublier, passer à autre chose.

- Non, non, non.

Elle le revoit là devant elle, ses yeux perçants observant chacun de ses mouvements, il s’était approché, méfiante elle lui avait tourné le dos.

Mayana ne voulait pas s’attacher elle tenait à sa liberté.

C’était en Espagne.

Bandit est impatient, il grimpe sur le banc à côté d’elle et lui lèche la main il veut aller marcher,

-Merci mon toutou, tu viens de me sauver de la mélancolie.

Bandit branle la queue comme s’il avait compris.

Tout heureux il gambade près d’elle, elle ne l’attache jamais qui pourrait bien se plaindre de sa présence, de ses démonstrations d’amour, de ses jappements si rares, ils habitent si loin.

Avant de partir elle avait pris soin de remplir son sac de cuir en forme de baluchon, il renfermait quelques objets dont elle aimait se servir. Dans un autre étui beaucoup plus gros un djembé qu’elle avait ramené d’Afrique, dans l’histoire de sa famille paraîtrait-il qu’une arrière-grand-mère en jouait, de là lui vient son engouement pour l’instrument, cette pensée la fait sourire .Combien de fois avait-elle rêvé lors de ses voyages à ces moments qui la ramenaient vers ses origines, elle rêvait souvent, trop souvent. Refusant de s’abandonner à ses mystères, elle rejetait tout ce qui pouvait lui faire entrevoir le vrai de sa vie, elle préférait le tourbillon des pays lointains, elle se disait aventurière et libre.La forêt s’épaississait, heureusement elle était sur ses terres, elle en avait acheté grand, assez grand pour vivre sa paix.Le chant des oiseaux accompagnait son plaisir, elle avançait dans un petit sentier qu’elle avait elle-même débarrassée de ses ronces, de ses branches trop longues et envahissantes, elle y avait mis tout son temps plusieurs semaines peut-être plus elle ne sait plus exactement, de toute façon du temps elle en avait plus qu’il ne fallait c’est ce qui la rend heureuse.Le bruit d’une source éveille ses sens, elle se sait proche de la grotte.Ses yeux s’écarquillent, c’est toujours comme ça, la montagne sans fin si haute dans le ciel attire son respect.Une eau limpide glisse le long de sa paroi, Mayana pied-nu sent la douceur froide de la mousse, elle s’y allonge et regarde plus haut que la terre, elle regarde l’univers de ses ancêtres.

- Ah! Bandit, arrête voyons je ne suis pas un biscuit.

Elle l’avait oublié le chien perdue dans la contemplation d’un fragment de vie.Elle entre dans la grotte, l’usure dans la roche laisse filtrer la lumière à certains endroits.À sa gauche une table de bois endimanchée d’une nappe couleur terre, un bâton de pouvoir qu’elle a fabriqué elle-même « une feuille de cuivre, des bandes de cuir brunes, un long quartz pur, une plaque d’argent » Accroché sur la paroi un capteur de rêve plus gros que nature, quelques chandeliers, des plumes, un banc en bois de chêne ..Elle n’a pas fini de meubler son univers, elle veut revivre ses ancêtres.Elle ramasse son baluchon, le vide sur la table, quelques pierres précieuses, des encens, une lettre, elle la serre contre son cœur, les rebords sont déchirés, l’écriture fine et tremblante fait remonter en elle des émotions vives, si vives des larmes coulent sur ses joues.

Mayana pleure.Comment a-t-elle pu avoir oublié, pourquoi son cœur s’était-il fermé, personne ne lui avait fait aucun mal, elle a eu une enfance heureuse, des parents formidables, pourquoi cet entêtement à vouloir tout quitter et partir seule. Pourquoi ? Mayana souffre. Elle souffre l’absence de ces êtres qu’elle aimait partis trop tôt qu’elle ne reverra plus jamais.  Était-elle aussi imbue de croire qu’ils allaient l’attendre indéfiniment, pour qui se prenait-elle ! Pas une fois, une seule fois elle n’est revenue au pays de ses ancêtres en l’espace de plus de vingt ans. Et cette lettre qu’elle serre sur son cœur. Cette lettre si chère à son cœur !

Bandit la regarde assis en face d’elle les oreilles pendantes, il voudrait bien lécher sa main, mais elle lui a dit qu’elle n’était pas un biscuit.

Tag(s) : #Histoire inventée ...

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