Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ce matin Mayana c’est levée du mauvais pied . Elle ne sait pas trop pourquoi, c’était comme ça tout simplement.

Un bruit retentissait inlassablement sur une des grandes colonnes de la galerie. Impatiente elle s’étira le cou par la fenêtre ouverte et aperçu un pique-bois, sa mauvaise humeur s’estompa instantanément.

Tasse de café à la main elle observa cet intrus qui n’en finissait plus de piquer un bois vide de nourriture. Il continuait et continuait son rituel sans fin.

Voilà qu’arrive au bout de son sentier un jeune homme portant sur son épaule un sac de toile.

-- " Qui peut-il bien être " pensa-t-elle.

Il était rare qu’un inconnu trouve le chemin de sa maison, sans être isolée elle habitait tout de même assez loin de la civilisation.

Oups ! Le pique-bois s’est envolé, Bandit ne cessait de japper.

-- Calme toi mon toutou , lui dit-elle en lui caressant les oreilles , Il ne te mangera pas .

À travers les rideaux de dentelle elle regarde le jeune homme, un peu plus de vingt ans. Ne se doutant pas qu’il était observé il sorti ses jumelles . Le regard tourné vers le lac il semble être attiré par quelque chose qu’elle ne réussit pas à voir.

Un flop sur l’eau la surprend. Le jeune homme part en courant, dans l’eau jusqu’ aux genoux il abandonne ses jumelles pour un appareil photo. Elle l’entend s’ exclamer de joie, un aigle majestueux plane au-dessus de l’eau, elle n’ en avait jamais vue d’aussi beau, d’aussi gros.

Elle sort sur la galerie oubliant qu’elle ne porte qu’un long chandail de coton et des pantoufles de peluches mauves.

-- C’est un aigle royal , lui hurle le jeune homme. Ils sont en voie de disparition , rajoute t’il tout excité.

-- Je n’ en avais jamais vue auparavant, je l’ai aperçu de ma voiture et je n’ai pu m’empêcher de le suivre .

L’immense oiseau avait déjà disparu et c’est à ce moment précis que Mayana réalisa que sa tenue n’était pas des plus séduisantes . Le jeune homme sourit devant son désarroi et fit mine de se retourner. Tous les deux s’ esclaffèrent dans un fou rire cristallin brisant le silence de cette matinée ensoleillée.

Le jeune homme confus réalisa à son tour qu’il n’avait jamais été invité sur le terrain de Mayana

-- Avez-vous déjeuné ? lui cria t’elle en porte-voix.

--Non !

-- Alors venez, je vous l’offre .

Un peu gêné il lui fit la révérence, embrassa sa main en la remerciant.

Son regard fit le tour de la pièce . Époustouflé par un décor léger embaumé par l’odeur des fleurs . La pièce lumineuse invitait à la détente.

Mayana monta les escaliers et revint habillée d’une longue jupe de soi couleur sable, d’un chemisier blanc et de sandales dorées.

Il la trouva belle , le temps ne semble pas avoir eu d' emprise sur elle ,pensa t' il .

Croissants chauds, confiture de fraises, fromage onctueux apparurent sur la table . Cafetière à la main elle lui en versa dans une tasse blanche ornée de papillons.

-- On vous appelle comment ? Lui demanda t’elle d’un petit air espiègle.

-- Edward, je m’appelle Edward .

-- D’ où venez-vous Edward de si bonne heure .

-- L’aventure me pousse plus loin que l’horizon . J’arrive de nulle part, je repars dans un ailleurs qui m’est inconnu .

-- C’est une très belle réponse " lui dit-elle le plus sérieusement du monde " Mais je n’en suis pas satisfaite ,

-- Alors Edward, d’ où venez-vous , Répéta-t-elle.

-- Je me suis sauvé de moi-même .

-- Et ?

-- Et me voilà belle dame .

Elle s’adossa nonchalamment, perplexe elle le regarda. On gratte à la porte, Bandit voulait entrer, elle se leva le regardant droit dans les yeux en lui disant.

-- Je fais entrer le chien, profitez-en pour réfléchir et me donner une réponse rassurante .

Edward s’étira et se lança sans plus attendre dans l’explication la plus plausible justifiant sa présence sur ses terres.

-- Je suis un chevalier des temps modernes, un idéaliste, un sauveur de l’humanité . Je suis à la recherche d’animaux en voie de disparition J’essaie de les localiser à mes risques et périls . Je veux absolument en savoir le plus possible sur le pourquoi et le comment .

Elle leva la main lui faisant signe qu’elle avait comprise. Satisfait de l’effet produit il lui sourit avouant candidement qu’en fait son père s’en était débarrassé fatigué de le voir revendiquer constamment le droit à la liberté de vivre sa vie comme il l’entendait.

-- Tu as vingt-trois ans et tu ne sais pas encore ce que tu veux faire de ta vie , Lui avait dit son père.

-- Je le sais, c’est toi qui ne veut pas , lui aurait-il répondu. Mayana écoutait !

-- J’aime mon père mais il est si stricte, si sévère. Je suis un artiste, il refusait cette vérité, il aurait aimé que je travaille avec lui, comme lui . Je ne pouvais envisager cette monotonie des jours pareils . Un jour il m’a remis l’argent de mes études , a ouvert la porte , m’a serré dans ses bras. et d'un grand geste de la main a ouvert le monde devant moi .

-- Va mon fils, va vivre tes rêves si tu ne trouves pas satisfaction plus loin reviens je t’attendrai à bras ouverts .

-- Il y a de cela deux années. Je continue de voyager, je vais le voir souvent, il semble heureux . Il ne me parle plus de ses attentes, il a finalement compris que j’étais un chien fou, fou de liberté.

Mayana aussi avait compris ! Ils terminèrent de déjeuner.

-- Et vous Mayana, d’ où venez-vous et que faites-vous ? Surprise elle ne s’ attendait pas à ce qu’il lui pose la question.

-- Tout comme vous j’étais un chien fou, et un jour j’ai compris .

Il se leva, lui baisant la main, attrapa son sac de toile ses jumelles et son appareil photo. Se braquant devant elle figea à tout jamais son visage sur la pellicule . Elle le rabroua gentiment lui faisant promettre de ne jamais oublier son père.

-- Je l’aime trop , lui dit-il.

Il n’avait pas parlé de sa mère. Il n’avait pas osé lui dire qu’il était son fils, elle le savait il lui ressemblait beaucoup trop. Une aventure d’un soir, un soir torride dans un autre pays . Elle l’avait aimé, lui moins . Il était retourné vers elle, elle avait accepté de garder l’enfant de Mayana et l’avait élevé comme son fils.

Le reverrait-elle un jour ?

Sur la grande chaise en bois une lettre. " Je t’aime maman, je reviendrai, Edward "

Son cœur se gonfla d’une joie indescriptible. Elle scruta l’horizon , la jeep dans un nuage de poussière passa en trombe. Elle crut voir un signe de la main.

L’espoir s’installa, l’attente aussi.

Un sourire lumineux éclairait son visage.

Tag(s) : #Histoire inventée ...

Partager cet article

Repost 0